Présentation

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Premier amour

Dans la sphère du rêve, cette
histoire était écrite ; dans
l’espace de la réalité, elle n’était
pas prévue…

Ils sont jeunes. Ils vivent de leurs rêves, de l’espoir d’un ailleurs, d’une autre vie, d’une
« vraie vie ». Chacun préoccupé par sa propre attente. Elle se fait agresser, il intervient, lui qui ne sait pas agir. Il vient de se passer quelque chose d’innommable. Ils ne l’acceptent, ne le comprennent peut être pas tout de suite, mais ils sont liés, c’est le mystère de l’invisible. Ils sentent qu’ils se connaissent déjà, qu’ils devaient se croiser, chacun d’entre eux a terriblement besoin de l’autre, d’un autre, à cet instant ; plus qu’une rencontre, c’est une reconnaissance. Elle se fait un soir, dans la ville. C’est leur première nuit blanche. Ils auront quatre nuits pour vivre leur histoire, pour l’éprouver. Pour s’aimer, se déchirer, s’aveugler, se noyer, détruire, reconstruire, oublier, se ressouvenir… Pour reconstruire à partir de leurs propres débris. Comme toute histoire d’amour, si unique et si commune à la fois…

« C’était une nuit de conte,
une de ces nuits qui ne peuvent survenir que dans notre jeunesse…»

 

nuits-blanches-1En 1848, quand il écrit ce court
roman sentimental, Fiodor
Mikhaïlovitch Dostoïevski a 27 ans.
Il a publié sa première oeuvre deux ans
auparavant.

Jeunesse. J’aime le jeune auteur pleinement inspiré des maîtres et qui les abat pour devenir ce qu’il est, le géant qu’il sera. La pureté, l’innocence de cette rencontre rêvée, et puis le sarcasme et lenéant qui pointent. Cette histoire d’amour ravissante et cruelle, celle de toutes les difficultés à être avec soi et à voir l’autre, nous touche à l’aurore de nos vies théâtrales et à la naissance de notre compagnie. Nuits blanches, c’est cet instant où la réalité rattrape les rêves et où la désillusion guette et sévit. C’est la quête, c’est le jeu, c’est l’acteur ; ce sera le premier radeau de notre quête artistique…

Peur. Le passage qui mène des rêves de jeunesse à l’âge adulte, et de l’imaginaire à la création. Le jaillissement d’amour, mêlé au pourrissement d’une incontournable peur… La peur de rêver, la peur de vivre, la peur d’agir, de choisir, la peur de changer, de se résigner, d’abandonner au néant les convictions et les idéaux les plus profonds… C’est, pourtant, comme une force vitale, la jeunesse, sa fraîcheur, son élan, son envie, son humour, son espoir, sa légèreté. C’est, dans une société individualiste, l’homme qui grandit.

Vérité. Le lien à la Vérité. Comme une obsession. Le rêve. Le mensonge. L’aveuglement. Le pacte d’illusion inconscient et volontaire qui est le pivot de chaque rencontre, de chaque amour, de chaque représentation… Et qui est si nécessaire à nos vies.

Jeu. Alors ces quatre nuits seront notre terrain de jeu. Nous traverserons cette histoire et la partagerons en en assumant la théâtralité. La machine de jeu est simple ; ils ne sortiront pas de scène, ils joueront tout à nu, comme le jeu dangereux, le tourbillon de leur histoire innocente.

Naufrage. Les bouteilles. Objet prosaïque, contemporain ; plastique. Objet poétique aussi, translucide, brillant sous l’éclairage. L’eau. La mer, la pluie, les larmes. L’ivresse. Boire nos illusions. Se gorger de rêve. Reprendre une dose d’aveuglement quand la réalité revient. Se souvenir. Une potion magique. Filtre d’amour. Se noyer. Aimer. Naufrage. La boue n’est pas loin.

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QU’AS-TU FAIT DE TES RÊVES ?

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Note sur l’adaptation

D’après la traduction d’André Markowicz. Il fallut choisir. Sentir. Renoncer. Déchirer les mots de Dostoïevski, pour les amener vers le plateau, vers les acteurs, c’est à dire garder les instants de vie pure. Il s’agissait non pas de redonner au texte une seconde jeunesse mais de le dépoussiérer d’un maniérisme littéraire, de transformer un dialogue avant tout spirituel en un véritable conflit de chair. Pour que l’histoire se vive vraiment, il fallait que le focus, l’empathie ne se fixe pas sur l’un des deux personnages, au détriment de l’autre. Que le spectateur plonge, vierge de tout point de vue, de tout jugement apriori ; d’où la disparition de la narration.

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Note sur le choix de la traduction

Il fallut choisir. Sentir. Renoncer. Déchirer les mots de Dostoïevski, pour les amener vers le plateau, vers les acteurs, c’est à dire garder les instants de vie pure. Il s’agissait non pas de redonner au texte une seconde jeunesse mais de le dépoussiérer d’un maniérisme littéraire, de transformer un dialogue avant tout spirituel en un véritable conflit de chair. Pour que l’histoire se vive vraiment, il fallait que le focus, l’empathie ne se fixe pas sur l’un des deux personnages, au détriment de l’autre. Que le spectateur plonge, vierge de tout point de vue, de tout jugement apriori ; d’où la disparition de la narration. J’ai choisi de travailler sur la traduction d’Andreï Markowicz car les oeuvres de Dostoïevski n’ont pas la même saveur sous sa plume. Il me semble qu’il leur laisse leur vie propre, que la langue française ne les altère pas, ou du moins ne les tire pas à elle. La vivacité, la légèreté, le raffinement, l’ironie, l’instinct des nuits blanches m’y plaisent et me charment.Tout comme l’homme d’ailleurs, que je pourrais écouter des heures durant, et grâce auquel j’ai pris conscience de ce que représentait le travail du traducteur. Grâce auquel je peux aujourd’hui respecter et savourer une oeuvre traduite.

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Scénographie et Technique

Le banc. L’objet de toutes les villes, des rencontres imprévues. Mais celui-ci nous est déjà cher. C’est en lui que se décline la vie spatio-temporelle des quatre nuits blanches. Ce banc a mille visages, il est aussi un trio de bancs qui s’encastrent ou se désolidarisent, basculant comme les personnages entre rêve et réalité. Il renferme des surprises, devient les murs de la chambre du rêveur ou l’escalier dans lequel Nastenka rencontre l’amour… Il est à la fois le lieu et le symbole du conte.

Régie technique et création lumières
Jérôme Léger et Emilie Barrier
Construction du décor
L’atelier des compagnons de Limoges

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Nous proposons des représentations pour les scolaires, collèges et lycées.
Ainsi que des rencontres avec l’équipe et des ateliers.
Pour le prix du spectacle et la fiche technique (légère) ; nous contacter.
Durée ; 1h environ.

Il faut si peu pour qu’une histoire existe ;
quatre nuits, un banc, deux acteurs. Le conte
est là, le jeu peut commencer. Ils joueront,
joueront coûte que coûte, jusqu’à et malgré
l’épuisement de la fantaisie. Et finalement,
seul l’effort vers l’autre, le plaisir du jeu,
nous sauvera de l’enterrement des idéaux. Car
ensemble, durant une heure, nous aurons rêvé.

Pour télécharger le dossier en pdf merci de cliquer ici.
L’équipe de Cie du Pas Suivant.