Présentation

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Qui sont ces exilés dont on parle tant mais qu’on ne rencontre pas vraiment ?
As-tu déjà ressenti l’Exil ?
Que veux-tu raconter au public français ?
Qu’as-tu à dire si on t’offre un espace de liberté?
Y-a-t-il une expérience commune à tous les hommes ?

Winter guests donne la parole à de jeunes demandeurs d’asile.

“Le théâtre, certains d’entre eux n’y étaient jamais allés de leur vie, d’autres avaient déjà une expérience théâtrale ou musicale mais encore fallait-il s’exposer sur un plateau, dans un pays dont on n’a pas les codes et la langue, avec ses souffrances et ses rêves. On est soufflé et touché par ce
théâtre de vérité, indispensable et reconstructeur.”

Marina Da Silva, le monde diplomatique

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Ce spectacle, nourri de récits de vie, prête à la comparaison avec le travail de l’anthropologue. Les thèmes que nous y avons abordés sont : l’apprentissage de la langue, le recours à la langue originale, la production d’un récit, la confrontation à l’image et au cliché, la représentation, la transmission d’une expérience, la reconstruction des vies après la catastrophe et à travers l’exil et le déracinement. Pour cela, nous avons fait appel à différents arts : le récit de soi et l’improvisation théâtrale, la vidéo d’animation, la musique et la danse traditionnelles syriennes, ainsi que la danse contemporaine japonaise Buto, qui naquit après en 1945 comme une expression des souffrances de la seconde guerre mondiale.

Pour ne pas avoir peur des gens que les lois de notre société acceptent d’accueillir, pour ne pas faire d’eux ce que nous avons peur qu’ils deviennent, nous devons leur donner l’espace de nous montrer qui ils sont. De nous raconter d’où ils viennent. Qui ils veulent devenir. Sachant que leur devenir est ici. Notre société est, de fait, la leur, à partir du moment où ils demandent l’asile. Ils sont syriens et réfugiés. Ils sont en France depuis quelques mois. Ils ont pour la plupart été contraints de demander l’asile. Ils viennent chacun de villes, de filières différentes, et la question de savoir s’ils pourront reprendre et finir leurs études n’est pas encore d’actualité. Ils ont entre 19 et 28 ans et leurs vies ont été mises en stand by par la fuite. Ils ont une chance sans nom d’avoir pu arriver en France par voie légale- on entend trop parler des fameux bateaux de la mort. Drôle de consolation pour un tel bouleversement. Le but n’est pas de faire d’eux les représentants de tout un peuple. Ce projet n’est pas la parole de tous les réfugiés syriens, mais de ces jeunes personnes que j’ai rencontré et auxquelles j’ai proposé de se raconter. Une aventure qui a accueilli une quinzaine de personnes depuis deux ans, et qui tourne actuellement avec deux jeunes acteurs.

On ne devient pas français par une simple signature. Ce projet est le pont à construire entre l’avant et l’ici.Le pont qui mène de chez soi à chez soi. Le chemin de la transition, de la reconstruction, de l’expiation, de «l’intégration». Le pont des apatrides. Il s’agit de permettre aux acteurs de découvrir leur pays d’accueil, d’y porter un projet, de raconter leur histoire, de rencontrer ses moeurs et ses habitants via le biais de l’art. De même il s’agit de permettre au public de traverser le miroir, d’entendre de plus prêt une histoire dont il ne connaît que les chiffres et les articles de presse. Car l’Exil est un sentiment qui ne s’arrête pas à la porte de la politique, au seuil d’un pays, à la frontière d’une histoire, mais qui concerne bien tous les êtres humains. Il est multiple, il peut être forcé, volontaire, physique, psychique, métaphorique.

Dans cette aventure, notre unique source est l’histoire vécue ; notre vecteur, la scène ; et notre objectif, la vie humaine.

Des parcelles de vies, qui transmettent les déchirements de notre époque, subliment les clichés, rassemblent les âmes, touchent l’empathie, apaisent les craintes, et éloignent de la compassion amère. Nous souhaitons créer l’espace d’une rencontre dans cet hiver partagé du monde.

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La structure- Le spectacle se constitue en une succession de tableaux. Le résultat de la confiance instituée au sein de l’équipe, c’est la reproduction exacte de scènes vécues. Ce sont des scènes en arabe traduit, surtitre parfois, des scènes en français, des poèmes, des images.

Le titre- Winter Guests. Invités d’hiver. Parce que le printemps arabe est passé. Parce qu’on dit que l’hiver lui a succédé. Parce que nous avons commencé à répéter ce projet en janvier. Parce que la glace est belle mais qu’on préfère ne pas y toucher. Parce que la banquise est un lieu d’exil parfait. Parce que nos coeurs ont froid face aux maux du monde, face aux maux des hommes. Et parce que le théâtre et l’art peuvent tout réchauffer. Tout changer.

Les vidéos- Les projections vidéos d’Hamid Sulaiman, qui offrent à la scène le dessin, le film d’animation, mêlés au corps de l’acteur, jusqu’à ce que l’on ne sache plus ce qui est dessiné et ce qui est présent au plateau.Que la frontière entre la scène et la page soit abolie. Que la frontière entre la réalité des corps et la virtualité de la projection n’existe plus. Se crée un espace nouveau, unique, dans lequel les acteurs et leurs ombres puissent évoluer.

Les répétitions- Nous avons tout du long travaillé l’échauffement de l’acteur, le corps dans l’espace, la voix, la diction, le masque de commedia dell’arte. Nous avons été plusieurs fois au théâtre pour découvrir le paysage artistique français. Nous avons resserrer nos répétitions sur ce thème, simple et inépuisable de l’exil. Improvisations, discussions, documentations, chacun a partagé sa vision, sa sensation, son vécu de l’exil.

Souvenir- Je me souviendrais toujours la première fois qu’on a travaillé sur le thème de la révolution. Je leur ai demandé de préparer une improvisation sur les manifestations des débuts. Moi-même, je ne savais pas comment cela se passait, je n’en avais pas idée. Ils ont commencé à marcher dans l’espace, se rassembler pour chanter à tue-tête, puis se disperser pour reformer un groupuscule plus loin. J’étais étonnée de cette mise en scène, vive et efficace. L’improvisation a duré trois quarts d’heures. Ils avaient replongé dans le passé, j’étais fascinée, je ne pouvais pas les arrêter. L’un d’eux mourraient, ils le secouraient, le brandissaient, recommençaient à chanter.J’ai compris que bien que cette révolution ait été le début de tous les bouleversements terribles de leurs vies, ils n’hésiteraient pas une seconde à la refaire encore aujourd’hui, parce qu’elle leur était vitale, tout simplement.

 

Conception, écriture et mise en scène – Aurélie Ruby
Assistante – Sally El Jam
Vidéos d’animation – Hamid Sulaiman
Accompagnement Butô – Laura Oriol
Régie lumière – Julien Pichard
Régie son – guillaume Landrieu

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S’il y a mille types avec une arme, et un type qui questionne, qui et différent, alors je pense que celui-là peut agir sur les autres en les contaminant.

Hussein –
C’est beau ce que tu dis mon pote. Mais face à mille mecs qui tuent sans se poser de questions, tu doutes que l’art soit le plus fort.

Kalev –
Peut être. Mais si tu choisis l’art plutôt que l’arme, ta vie, elle sera tellement plus grande, plus joyeuse, plus vivante. Tu ne peux pas apprécier la vie si tu fais que des choix faciles.

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Winter Guests
Aventure théâtrale, sociale, humaniste, philosophique.
Contact : Aurélie Ruby / 06 10 69 35 30
cie.du.passuivant@gmail.com

Partenaires : Ministère des affaires étrangères, Amnesty Internationale, France terre d’asile, Démocratie et Entraide en Syrie. Création en juin 2015 à la maison des cultures du monde.

Pour télécharger le dossier en pdf merci de cliquer ici.
L’équipe de Cie du Pas Suivant.