FRONTERA

TU CABEZA, TU FRONTERA
Variations poétiques autour du thème des frontières

for-1

 

Création collective pluridisciplinaire et bilingue
France/Colombie
ARTEPOLIS
Tout public à partir de 8 ans
Partenaires : Région Limousin, Casa del libro total, Institut français, Cie Pas Suivant

A travers diverses situations humaines et imaginaires, et à partir des réflexions et expériences des artistes, le spectateur voyage dans les limites visibles et invisibles de la frontière. Un moment de partage théâtral et musical, drôle et touchant, qui interroge l’homme, l’intime, les sociétés.

CONSTATER, INTERROGER, PENSER, RÊVER LA FRONTIÈRE.

Quand l’association Artepolis m’a proposé de mener l’aventure en Colombie avec trois artistes que je ne connaissais pas, de langues, d’arts et de cultures différentes, sur le thème de la frontière, j’ai aimé le défi. J’ai pensé : quel sujet plus riche que celui de la frontière pour réunir quatre artistes dans un tel contexte ?

Nous nous sommes rencontrés en Colombie, en haut d’une montagne, dans la région Santander, dans ce petit village magnétique appelé Barichara. L’objectif de ce work shop interculturel était de confronter la notion de Frontière à quatre arts -le théâtre, la musique ancestrale andine, le chant traditionnel colombien et la danse contemporaine- à deux cultures, et à quatre personnalités.

La frontière est la prison de nos âmes, plus encore que le découpage des pays. La frontière sépare, elle réconforte, elle empêche, elle découpe, elle gâche des vies, bloquent des populations, elle tue beaucoup de monde, la frontière ; mais fondamentalement elle n’existe pas ! Alors pourquoi existe-t-elle ? Parce que la vie elle-même est un songe, impalpable ?

Nous avons confronté nos histoires.

– Pour moi, la frontière, c’est la mer méditerranée que traverse dangereusement des milliers de réfugiés en ce moment.

– Pour Olga, la frontière, c’est la discrimination qu’elle a toujours subi en raison de ces origines noires et indigènes.

– Pour Irdanti, la frontière, c’est un policier à l’aéroport qui fouille ses instruments de musique pour y chercher de la drogue ; Colombie oblige.

– Pour Valérie, la frontière, c’est une langue qu’elle ne parle pas, c’est un amour virtuel qu’elle va rencontrer à l’autre bout du monde, c’est l’avion.

J’ai décidé de travailler comme je le fais toujours, c’est à dire en collectif. Le corpus de textes que je proposai ne serai qu’un support, un point de départ. L’objectif de ce laboratoire était de traverser nos propres frontières, et de créer, au delà de la langue et de la culture, un langage commun, mêlé de sons, de paroles et de mouvements, de tendresse et dureté, dans une forme collective qui écrit une histoire commune et qui parle de chacun à la fois.

Aurélie Ruby

for-2

PONT ENTRE LES ARTS, LES AMES ET LES LANGUES

 Le résultat de cette rencontre passionnante, c’est TU CABEZA, TU FRONTERA, une forme théâtrale et musicale qui interroge la frontière sous tous ses angles, qui brise l’exotisme tout en le sacralisant, un spectacle qui mêle les arts et qui, sous la forme d’une succession de tableaux poétiques ou drolatiques, dresse un constat de ce que représente aujourd’hui la Frontière dans le cœur des hommes et dans leur vie quotidienne.

ATELIERS DE PRATIQUE ET DE CONSTRUCTION

Le spectacle, accompagné d’ateliers avec la population, a été joué à Barichara, Bucaramanga, Bogota en Colombie. Notre objectif est maintenant de le faire tourner en France, afin de mener à bout la dissolution de nos frontières. L’équipe propose des ateliers de théâtre et/ou de construction d’instruments à vent.

for-3

LA, C’EST CHEZ MOI

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eut point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eut crié à ces semblables : Gardez vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne. »

L’une a ramené le texte, l’autre la mélodie, la troisième les différentes voix, et le quatrième l’impro musicale. C’est ainsi qu’est née la première séquence du spectacle, une variations délicieuse autour du « Là, c’est chez moi » du discours sur l’origine des inégalités de Rousseau.

Les musiques et chansons ont été composées pour le spectacle.

for-4

RÊVERIES

La frontière.
Entre le corps et le vent.
Entre le conte et le chant.
Entre la grande Histoire et l’intimité.
On la chérie, la frontière.
On la rejette, on y résiste, on la trahit, on y survit, on y meurt aussi.

Que es la vida ? Un frenesi. Que es la vida ? Una illusion, una sombra, una ficcion !